Furtive fugitive

Furtive fugitive
___Et les rires redoublèrent de leur puissance. Je regarde autour de moi. Cet espace respire la jeunesse : ces histoires rocambolesques, cette bêtise que l'on aurait qualifiée d'innocente autrefois et cette chaleur humaine qui vous transit jusqu'au plus profond de vous-même.

___Je ne bouge pas et me contente d'observer. Je me sens si étrangère à côté de toute cette joyeuse ribambelle. Cette ambiance ne devrait-elle pas me réjouir et m'enthousiasmer ? Et pourtant, je reste de marbre et impassible. Mes lèvres se glacent, les mots demeurent muets. Mon oreille virevolte d'une conversation à un autre sans en percevoir le sens. Peu importe, je suis absente.

___Vous me semblez tous si lointains, alors que nous sommes serrés les uns contre les autres. Je pourrais vous effleurer sans difficulté, il me suffirait de tendre la main ou d'avancer d'un seul et unique pas. Pourquoi cela m'est-il impossible ? Qu'est-ce qui me retient ?

___Je ne sais pas ce qui m'arrive. J'ai seulement la sensation d'être inanimée et dépourvue de vie, enfermée dans une cage invisible au milieu de tous. Je n'essaye pas de m'enfuir et me réfugie au centre, repliée sur ce qu'il reste de moi. Je n'ai pas tenté d'opposer une quelconque résistance, je ne me suis même pas battue, je me suis avouée vaincue. J'ai laissé les choses s'installer et je n'ai strictement rien fait. Pourquoi les cris ne me viennent-ils pas ? Pourquoi suis-je coincée ici ? Qui m'a mise là-dedans ?

___Et je revois cette scène. J'étais terrifiée. De quoi je ne sais pas mais j'étais pétrifiée. J'ai trouvé cette cage vide et je me suis protégée bien malgré moi derrière ces barreaux de fer. Je me suis assurée de leur solidité pour que personne ne puisse parvenir à les faire trembler. Je pensais bien faire et ainsi échapper à tout ce qui pouvait m'atteindre. Oui, c'est moi qui m'y suis enfermée. Moi et moi seule. Au lieu d'affronter ces démons qui me pourchassaient, j'ai préféré m'isoler et faire comme ci rien de ce qui me hantait n'existait. Je me suis coupée du monde et je suis restée dans cette cage.

___Je ne suis plus avec vous, je suis ailleurs : mon enveloppe corporelle dépérit derrière ces barreaux tandis que mon âme flotte dans les airs en totale perdition. De ma cellule, je vous observe de mon regard vide. Je n'ai plus l'impression d'exister : je suis devenue inerte et insensible. Je peux encore sourire mécaniquement et vous berner par cette frêle illusion. Mais quel intérêt à mentir et ne dire que balivernes ? Qu'est-ce qui m'empêche de crier, de vous hurler ce malaise, et de me comporter comme un être sincère ?

___Je n'y parviens pas. Chaque révolte s'étouffe dans ma gorge. Le son de ma voix s'est éteint, et de toute manière, je ne saurais quoi hurler. Et c'est bien cela le pire. Transformer ses joues en véritables torrents sans en connaître les raisons. Je sais juste que l'eau ne cesse de couler. À croire que je commence à me noyer dans mon propre océan.

# Posté le dimanche 22 novembre 2009 16:19

Modifié le jeudi 26 novembre 2009 18:46

BEn ou l'art de faire des plans foireux :)

BEn ou l'art de faire des plans foireux :)
J'aimerais bien écrire ici, mais mon ordinateur n'est pas vraiment opérationnel ces temps-ci :
• Il s'arrête deux minutes après que je l'allume.
• J'ai perdu tous mes marque-pages/favoris, allez savoir pourquoi.
• Mon chargeur s'est fait mordiller par mon chien il y a un certain et il a décidé hier de rendre l'âme.
=> Donc là je me retrouve sur le pc de mon père.

Qui a dit qu'un mac était mieux qu'un pc ?

Hallelujah ! Une mise à jour de logiciels et il est redevenu normal !
_________________________________________________________________________[ou pas]

# Posté le dimanche 08 novembre 2009 13:32

Modifié le dimanche 22 novembre 2009 16:23

Aperçu nocturne

Aperçu nocturne

Cette photo est ce qu'il y a de plus ordinaire et banal, mais je trouve qu'elle représente bien l'intérieur de mon cerveau. Des idées qui fusent, qui se perdent en chemin et qui finissent par se retrouver dans un cul de sac. Et bien entendu, l'obscurité, c'est mon côté à tout dramatiser, particulièrement lorsque je n'ai pas de règle pour tracer le haut de ma racine carré (et ça c'est mon côté psycho-perfectionniste maladif).

En gros, je passe entre deux beugs de mon ordinateur qui n'a plus que 35 Mo de mémoire (mon disque dur n'aime pas ma fourmilière de photos) pour dire que ça fait bientôt deux semaines que j'aurais du créer mon nouveau blog annuel, mais que pour l'instant le titre ne me vient pas. Tout ce que je sais, c'est qu'il sera dans une tonalité rose légèrement enfantine. Cet univers parce que je n'arrive décidément pas à croire que je passe le bac à la fin de l'année et surtout parce que je suis encore gamine dans ma tête. Il n'y a qu'à voir les couleurs de mes ongles...

En ce qui concerne l'heure de publication ? Je tiens à dire pour ma défense que mon frère a eu ses 18 ans mardi dernier (19 pour Riri mais elle on s'en fiche =B). Ceci est un hors sujet. Or, d'après le théorème, hors sujet = esquive de la question = pas de réponse valable à cette question. Donc je pense que je vais aller reposer le peu de neurones qu'il me reste. CQFD.

# Posté le samedi 12 septembre 2009 21:39

"Vous ne pouvez pas venir chez moi, ma troisième piscine est en construction."

"Vous ne pouvez pas venir chez moi, ma troisième piscine est en construction."

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Tu n'es parti que ce matin. Et pourtant, tu me manques déjà. À vrai dire, je ne réalise pas encore. Je ne cesse de me répéter "Alexis est parti". Il faudra s'y faire. Tu reviendras. Mais à cet instant, tu n'es plus avec nous. Devant nous. Cependant, dans nos coeurs, tu restes éternellement présent.
____Tu t'en es allé, joyeux. Qui ne pourrait pas l'être ? Tu erres désormais vers un nouvel horizon. New York. Tu vas voir une autre facette de ce monde qui en cache tant. Tu vas devenir bilingue, découvrir ce qu'on appelle les States, conquérir les gens par ta sincérité ou les berner par ta fourberie.
____Pendant ce temps-là, nous n'oublierons pas cet ami. Le plus franc, le plus vrai, le plus authentique. Un ami qui nous a permis de rester nous-même. Une amitié réelle dont les chaînes ne peuvent se rompre (eh non, tu ne vas pas te débarrasser de moi aussi facilement !). Le jeu des signes, la garde alternée de Prune pendant les cours, le cancre éternel en allemand, tout est fini. Cette nouvelle année se passera sans toi. Tu ne seras plus à nos côtés.
____J'ai cette impression absurde de perdre ami. Mais je sais au fond de moi-même que je te retrouverai. Se quitter pour mieux se retrouver ? Tout le monde connaît ce pseudo-proverbe. Certains l'approuvent, d'autres le contestent. Ce sera l'occasion de montrer qu'il s'agit d'une vérité.

Que dire de plus.

____Je n'ai pas l'habitude de dévoiler mes pensées envers ceux qui me sont chers. Je devrais d'ailleurs le faire plus souvent. Mais sachez que ce n'est pas parce que je me tais que je n'en pense pas moins.

Comme quoi, des amis aussi parfaits, ça ne devrait pas exister.
Ca m'éviterait une reconversion en madeleine à temps partiel.

# Posté le jeudi 27 août 2009 15:49

Modifié le jeudi 27 août 2009 19:37

La polysémie parisenne

La polysémie parisenne

____Je grandis dans le meilleur des mondes me dit-on. "Tu es logé, nourri, aimé. Tu as ami(e)s, loisirs et plaisirs à ta disposition. Que demander de plus ?". Et après ? Je suis consciente que certains bondiraient pour être à ma place, mais celle-là, je n'en veux pas. Je préférais respirer à pleins poumons dans un espace moins favorisé plutôt qu'haleter dans ce monde qui a la prétention de se dire "parfait".

____Paris est une ville pratique, je l'accorde. Certes, elle est vouée aux touristes, hommes d'affaire et fêtards, mais elle n'a rien de pédagogique pour la genèse d'une nouvelle génération. La dimension pratique est favorisée, tandis que celle morale et spirituelle se consume à petit feu. Et pour les jeunes qui prétendent le contraire, la plupart d'entre eux (pas tous heureusement) sont noyés dans un nombrilisme plus qu'aisé. La jeunesse dorée qu'on l'appelle.

____Époque bénie où les enfants étaient fiers de marcher dans la rue, entourés de leurs parents, main dans la main. Atmosphère chaleureuse où l'on pouvait crier sans que l'on nous foudroie du regard. Tout était permis pour un enfant. Être l'assistante d'un magicien de rue à La Rochelle, disparaître un après-midi avec la voisine chti pour revenir trempée avec une bouteille logée de têtards, piquer les cerises du voisin avec son frère, cacher le paquet de bonbons dans la maison de poupée, j'en passe et des meilleurs.
____Cette petite chipie, c'était moi. Ni timide, ni influençable, et fière de l'avoir été.

____Époque actuelle où les adolescents renient leurs précurseurs et se révoltent pour tout et pour rien. Atmosphère étrangère où les hypocrites ne cessent de s'épier, attendant le faux pas de leur voisin pour aller le répéter à l'oreille la plus proche. Tout est surveillé, tout est contrôlé. Hurler dans la rue et on vous insultera ; vous habiller différemment et on vous critiquera. Cette éternelle contrainte d'imiter les autres et de coller à un moule socialement préformé. Refuser d'y rentrer et on est rejeté, exclu, banni.
____Cette copie conforme, c'est moi. Hypocrite influencée, et honteuse de l'être.

Et pourtant, bien obligée.
[Parce que c'est encore un article pessimistement pseudo-nostalgique comme je les aime =D]

# Posté le jeudi 13 août 2009 16:46

Modifié le vendredi 14 août 2009 10:25